Archives de octobre, 2004

Votez pour le président du monde

Publié: 29 octobre 2004 dans Déambulations

Bon, évidemment c’est facile, mais le résultat de cette élection virtuelle apporte quand même des informations intéressantes sur la vision qu’a le monde de la politique américaine…

Election, piège à cons

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Et le romantisme, bordel !

Publié: 21 octobre 2004 dans Prise de tête

Continuant une discussion engagée de longue date avec mon meilleur ami, E., une discussion récurrente, évidemment, nous en sommes arrivés récemment à la conclusion, provisoire, que je ne comprenais rien aux concepts de romantisme, de sensibilité et d’affection avancés régulièrement par mon amie, N. Notions régulièrement reprises par mes compagnes successives. Et qui viennent souvent alimenter des conflits, voire des ruptures.

En lisant Léviathan de P. AUSTER, j’ai pu mesurer récemment que je n’étais pas le seul à me débattre dans ce bourbier. Je suis toujours aussi ignorant de l’amour qu’au premier jour. Je m’acharne à nouer des relations amoureuses sitôt que que je me sens emporté par un tourbillon de sentiments envers une personne. Je me jette dans l’aventure en espérant que je vais explorer des terres inconnues avec ces personnes et, invariablement, je nous retrouve sur le seuil d’expériences déjà vécues mille fois, par moi ou par elles.

J’ai l’impression de faire ce qu’il faut pour émerveiller ces instants passés ensemble, mais chaque fois, j’aboutis à un échec. Récemment encore, je me suis vu reprocher de ne faire preuve concrète de mon affection, de mes sentiments alors que ma réaction devant un sentiment d’impuissance face à des difficultés du quotidien a été de soulager ma compagne de ma présence afin de ne pas alourdir « son fardeau ». Elle est tellement merveilleuse, altruiste, prête à se sacrifier – presque physiquement, puisque malade – pour l’autre – moi, ses enfants, ses proches – que je ne me sens pas autorisé à lui imposer ma présence qui ne ferait qu’ajouter de la souffrance à la sienne. Son point de vue, c’est que, ce faisant, je ne fais que fuir et ne pas prendre soin d’elle. Cela pourrait être vrai, si j’étais en capacité de « l’aider », ce que je ne suis pas. Mes difficultés sont aussi lourdes que les siennes, sinon plus car je n’ai pas d’appartement, et si je n’arrive à trouver de solution pour moi, je me sens un poids supplémentaire pour elle, ne pouvant résoudre les siennes.

Je l’aime, je n’arrive pas à lui montrer, c’est un fait, elle m’aime, c’est indubitable pour moi, mais nous n’arrivons pas à être sur la même longueur d’ondes pour nous comprendre. Est-ce pour autant que je ne sais pas montrer mes sentiments, mon affection pour elle, mon attachement? Je ne le crois pas et pourtant c’est celà qui nous éloigne peu à peu.

Propagande

Publié: 20 octobre 2004 dans Déambulations

Aujourd’hui, j’ai trouvé ça : sur le tabagisme passif.

Bien vu, non?

De nombreux sociologues, pas tous de gauche, ont démontré depuis fort longtemps que la pauvreté est le fruit de l’échange capitaliste des valeurs tant financières que culturelles. Plus : elle est indispensable et indissociable du développement capitaliste. Sans pauvres, plus d’économie capitaliste. Celui qui le montre le mieux est un gars, Friedmann, je crois, qui est la référence du néo-libéralisme à la Reagan (qui n’y connaissait rien) et Thatcher.

En outre, c’est très intéressant que soit utilisé le terme « déshérités » puisque c’est justement de cela qu’il s’agit : l’héritage. Héritage du capital financier mais aussi, et surtout, capital socio-culturel. Il est inutile de rappeler qu’il est démontré depuis fort longtemps également que les chances de réussir augmentent avec le fait d’appartenir à une famille ou un groupe socio-culturellement favorisé (Education Nationale, banquiers, cadres sup, artistes, etc.)
Mais, bien évidemment, il y a des individus, qui ont des « ressources » personnelles qui peuvent largement contredire ces analyses, mais ce ne sont que des individus, des exceptions qui confirment la règle, en quelque sorte!

La pensée de Manset, exprimée au long de ses interviews, peut peut-être se résumer aux notions familières de responsabilité, autorité du père, confiance dans l’ordre, notions habituellement associées aux valeurs de droite, disait l’autre jour un membre du regretté forum Revivre.

Le maître mot, là-dedans, c’est « habituellement ». Je « pense », par exemple, que les 3 notions qu’il cite ne sont classées à droite que par les imbéciles et les fachos. La responsabilité n’est ni de droite ni de gauche. Etre responsable consiste, en résumé, à s’assumer et à assumer les actes en lesquels nous nous reconnaissons. A gauche, ils disent citoyen, par exemple, à droite je ne sais pas quoi, mais au bout du compte, c’est la même chose : responsabilité.

L’autorité, ou l’autorité du père, n’est depuis longtemps plus de gauche : Hannah Arendt le montre très bien dans « la crise de l’autorité » et elle n’était pas de droite. En outre, cette notion fait surtout partie des concepts psychanalytiques et n’a pas grand chose à voir avec la politique.

Quant à la confiance dans l’ordre, je renvoie, sans commentaire, au slogan anarchiste : l’anarchie c’est l’ordre.

C’est ce que j’appelle des concepts-valises. Une fois ouverts, on y met ce que veut. Comme le font la plupart de nos commentateurs (journalistes, politiciens, ou pseudophilosophes, genre Luc Ferry)

Je pense qu’on trouve parmi les amateurs de Manset surtout des gens curieux, qui ne s’arrêtent pas aux apparences, qui s’interrogent et qui, en celà, se reconnaissent dans les textes de Manset, qui n’alignent pas d’idées préconçues. Manset essayent de les éviter dans les interviews, mais, malheureusement, n’y arrive pas toujours.

Sans titre

Publié: 18 octobre 2004 dans écrits

Un fruit sans saveur particulière
Est mort
Et je ne connaîtrai ses fins qu’à travers
Son corps
Mes tendresses se perdent et gravent
Sur le marbre
Un chiffre qui t’es inconnu
Toi dont le diamant s’écaille nu
Un regard qui crée la colère
Des chiens et réveille, amer
Les souvenirs d’une ombre
Qui passa, charnelle et sombre
Tout près d’un moribond
Les couleurs se mouillent
D’un sel de larmes
Je suis baigné dans un lait
Qui se répand en tous mes
Orifices

L’encre qui transmet mes joies et mes pleurs
N’est pas mon sang qui sécherait
Mais bien une matière que je ne maîtrise pas
les mots ne m’obéissent pas
Je suis en leur pouvoir.
Rien de cette réalité qui m’entoure
Ne transparaît sur ce corps de papier
Je meurtris la page et ma main est meurtrière
Mais qu’importe une transcription puisque je n’ai pas le pouvoir de t’altérer
Ô source fatiguée par les baisers du buveur !
Le rire ne signifie ni sa présence ni son absence
Il n’est que quatre signes singuliers
Que ta lecture ne cesse jamais
Toi qui parcours ce labyrinthe
Qui ralentit ta connaissance de ce corps.

Que nul ne voie jamais ni mon corps ni mon esprit
Découvert pratiquement à cet endroit.

Je trace la mort de mon imaginaire
à cet instant
et que tout disparaisse immédiatement
puisque je l’ai écrit.

Et des néons s’enflamment
et l’herbe s’embrase
laissant derrière l’ombre d’une caresse.