Archives de novembre, 2013

La peur de l’autre, la peur de l’inconnu nous viennent de la nuit des temps.

Il est naturel de voir l’autre, l’inconnu, l’étranger comme un danger potentiel pour soi, pour ses proches, pour son habitation, pour son territoire… quand on vit en tribu dans des cavernes et quand le nouveau venu peut tout aussi bien être un tigre aux longues dents (je ne connais pas le nom scientifique), qu’un prédateur vaguement humanoïde assoiffé de sang et de nourriture.

Ce qui caractérise l’humain, c’est sa capacité à devenir humain. Et il doit en faire la preuve. Pour résumer, l’humain doit se dépasser, combattre sa nature, son état naturel pour être humain. C’est là, l’origine de la parole, de l’histoire, de la culture, des sociétés, de l’humanité. Et celui qui n’arrive pas à se faire violence pour combattre son état naturel n’est pas tout à fait humain. Tout au plus est-il un humanoïde qui cherche à survivre : un être préhistorique.

Le raciste, le xénophobe, le dictateur, le fasciste est un être préhistorique! Il a l’usage de la parole et il a vaguement appris à vivre en société mais il a abandonné toute volonté de rejoindre l’humanité, il ne sert que ses intérêts propres et ceux de sa tribu. Il fait généralement référence à la société uniquement dans le but de faire la preuve qu’elle ne le protège pas lui et son clan mais ses « agresseurs ». Il montre ainsi, une nouvelle fois, son inaptitude à rejoindre ses semblables, puisqu’il n’est pas « l’animal social », comme dirait St-Antoine qui ne savait comment traduire en latin l’expression grecque « l’homme est un animal politique » d’Aristote, et encore moins « l’animal politique ».

Pour être un humain, l’homme doit le devenir en combattant son état naturel d’animal, ainsi sa nature devient culture.

Publicités